| |
Original Language

Donella Del Monaco
Donella del Monaco est une chanteuse atipique.
De formation classique avec un nom comme le sien il lui était difficile d'y echapper
(Donella est en effet la nièce du cèlébre ténor), elle a commencé sa carrière en 1974 en se
produisant avec un group de rock progressif "Opus Avantra" avec lequel elle enregistra plusieurs
singles dont le nom de sa maison de disques garde désormais le souvenir. Dans les années 80,
elle aborda, après avoir fait les beaux jours de la Biennale de Musique Contemporaine,
un répertoire mixte aux marges de la mélodie, du cabaret et la chanson populaire et historique.
Elle a ainsi a son actif, une version des Folk Songs de Luciano Berio, les Chansons de
Cabaret de Schöenberg et un disque des mélodies d'Erik Satie. Mais surtout depuis quelques
années elle entrepris de revisiter et de revivifier tout le répertoire musical lié à sa ville,
Venise, des Canzone da battello du XVIII siècle, aux chansons populaires du XX, en passant par
toutes les mélodies que la Cité des doges a pu inspirer aux musiciens classiques comme: Rossini,
Donizetti ou Reynaldo Hahn. Sa démarche n'est pas qu'une démarche d'interpréte, car compositrice
et auteur elle-meme, elle intervient pour réélaborer ce materiau de base et lui instiller les sucs
de sa propre culture musicale. La poesie occupe elegantement une large place dans le champ de ses
preoccupations, notamment celle de son propre père, Marcello Del Monaco, et du poète dialectal Andrea
Zanzotto dont elle a mis en musique dans son avant-dernier disque, "Venexia de Oro", un superbe texte
consacré à la ville des lagunes. Certes, certains des mixages ne sont pas toujours d'une parfaite
sobrieté et ils ressentent un peu des conditions artisanales de leur production. Peut-être
abuse-l-elle parfois aussi un peu du re-recording. Mais il se degage de ses deux disques "venitiens",
le dernier surtout, consacré au thème de l'emigration, si vivace en Italie, et magnifiquement
arrangé par Paolo Troncon, une ambience melancolique et sensuelle qui ne manque pas de faire songer
la lumière du soleil couchant sur les canaux de la Cité de Doges.
Alfred Caron
|